Conférence de consensus sur l'examen psychologique de l'enfant - 2010
Suite à l'AG de ses adhérents du 18 mars 2010, Psyclihos a décidé d’interrompre sa participation à la Conférence de Consensus sur l’examen psychologique de l’enfant et de l’adolescent en raison de l’incompatibilité des choix stratégiques du Comité d’Organisation de la Conférence avec ceux de l’Association Psyclihos. Cette Conférence risque d’aboutir à la définition de « bonnes pratiques » alors que l’ensemble de la profession s’est peu engagé dans cette Conférence.
Nous vous rappelons que cette conférence de Consensus a été initiée par la FFPP. Cette démarche s’est imposée face aux risques de plus en plus nombreux d’instrumentalisation des mesures en psychologie. Les psychologues font actuellement l’objet de fortes pressions sociales et de demandes institutionnelles ou familiales. On leur demande de "mesurer les aptitudes" et d’évaluer des "conduites", des "comportements" alors que la question du sens de ces conduites ne leur est plus que très rarement posée. Le QI devient explication brute des difficultés scolaires. L’examen du fonctionnement cognitif ne s’intègre plus à l’ensemble du fonctionnement psychique, comme s’il en était clivé, la dimension humaine dans toute sa complexité se voit réduite à une mesure réductrice et dépourvue d’un point de vue développementalsur l’enfant et l’adolescent, les processus de changements possibles sont mis de côté.
Compte tenu de l’importance de ces enjeux, plusieurs associations dont Psyclihos ont répondu à l’appel de la FFPP ; les autres associations participantes sont la SFP (Société Française de Psychologie), l’AFPEN (Association Française des Psychologues de l’Education Nationale), l’ACOP-France (Association des Conseillers d’Orientation Psychologues).
Il s’agit d’une démarche démocratique et scientifique souvent utilisée en médecine et en sciences humaines ou sociales, il s’agit de débattre autour d’un sujet particulièrement sensible à un moment donné dans notre société.
Le terme consensus peut porter à confusion ; il ne s’agit pas de rechercher l’accord et le consentement du plus grand nombre, mais, de rechercher des points de convergence en laissant la possibilité de divergences ; le débat prend la forme d’un colloque public où tous les intervenants concernés sont invités : psychologues, demandeurs (représentants d’associations de parents, représentants des institutions de l’éducation, de la santé, de la protection de l’enfance, juges d’enfants etc ), décideurs (élus politiques, représentants ministériels) mais aussi des professionnels d’autres domaines des sciences humaines (philosophes, sociologues). Ce colloque aura lieu les 25 et 26 juin 2010 à Paris.
Les groupes d’experts en psychologies (cliniciens, enseignants et chercheurs) travaillent depuis Avril 2008 sur 6 thèmes dégagés par le Comité d’Organisation :
- Définitions et cadre de l’examen psychologique
- Nécessité et pertinence de l’examen psychologique
- Validité des modèles et des outils de l’examen
- Compétences du psychologue et limites de l’évaluation en psychologie
- transmissions des informations et des données issues de l’examen
- Aspects interculturels de l’évaluation psychologique.
Chaque groupe constitué de 6 à 8 experts est chargé de proposer une synthèse équitable des connaissances actuelles, des pratiques alternatives, et de formuler des propositions sur les choix possibles, les actions à entreprendre pour assurer des évolutions favorables. Il s’agit de contribuer à des pratiques éclairées et respectueuses des droits des enfants et de leur famille.
Les 6 groupes exposeront leur point de vue lors de ce colloque public et un jury réunissant professionnels et non professionnels rédigera un rapport final au terme de cette audition et du débat pendant les deux jours du colloque.